Naturisme chez soi et ailleurs ?

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Re: Naturisme chez soi et ailleurs ?

Messagepar Michel Vaïs » 15 Janvier 2018, 23:41

Michel Vaïs a écrit:
Ce n’est PAS VRAI. Le nu sur scène à Montréal à débuté en 1969. Voir mon livre «L’accompagnateur. Parcours d’un critique de théâtre», chapitre sur Théâtre et nudité.
==
Vittorio a répondu:
Alors pourquoi les descentes subséquentes?

==

Il n'y a pas eu de descente de police au Québec à ma connaissance, contre des acteurs nus sur une scène, en tout cas depuis le premier nu intégral apparu, au TNM, en 1969. Le seul spectacle dont l'Escouade de la moralité de la police de Montréal a pu empêcher la présentation l'a été le 3 mai 1996, au Théâtre Espace libre, pour la pièce Nudité de Robert Gravel et Alexis Martin (à laquelle tu avais assisté, comme moi, Vittorio). Il n'y a cependant pas eu de descente de police (comme ce fut le cas pour les Saltimbanques, à l'Expo, en septembre 1967), mais simplement une intimidation des acteurs par la police. On leur a dit: si vous jouez encore demain soir, on vous arrêtera. Et les acteurs ont obtempéré.

Comment expliquer cela ? Tout simplement parce que la police a agi dans l'illégalité. Voir L'accompagnateur, « Du vrai théâtre nu », p. 325-332.
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Re: Naturisme chez soi et ailleurs ?

Messagepar va-two-nu » 16 Janvier 2018, 07:43

Est que l'intimidation est illégale, ou bien un règlement "illégal" existe bel et bien?

Vittorio
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Re: Naturisme chez soi et ailleurs ?

Messagepar bobettebob » 16 Janvier 2018, 10:50

Michel Vaïs a écrit:Le seul spectacle dont l'Escouade de la moralité de la police de Montréal a pu empêcher la présentation l'a été le 3 mai 1996, au Théâtre Espace libre, pour la pièce Nudité de Robert Gravel et Alexis Martin

La moralité met fin au spectacle Nudité
Le Grand Théâtre Émotif n'aurait pas eu le permis requis pour l'érotisme

JEAN BEAUNOYER
À la suite des interrogations des médias sur la légalité de la présentation de la pièce Nudité, le Grand Théâtre Émotif du Québec a été contraint d'annuler le troisième et dernier spectacle qui devait être présenté hier, à minuit, dans la salle de répétition de l'Espace Libre.

Ce spectacle écrit par Robert GraveI et Alexis Martin, raconte la mise à nu de deux couples, au sens littéral du terme, devant des spectateurs qui doivent en faire autant.

Les acteurs, le personnel d'accueil et les spectateurs étaient nus dans la petite salle de 40 places à l'Espace Libre lors des deux spectacles présentés les 1er et 2 mai, dans le cadre de l'« année de l'ébranlement », produit par Le Grand Théâtre Émotif qui propose un thème nouveau à chaque mois, toujours dans la poursuite de l'ultime émotion.

L'escouade de la moralité n'a, semble-t-il, pas saisi toutes les subtilités de cette « année de l'ébranlement » et des agents se sont présentés à l'Espace Libre, jeudi soir, dans le but de mettre fin au spectacle.

Sûrement pas pour y assister parce qu'il fallait se dévêtir pour pénétrer dans la salle. Ils n'avaient malheureusement pas choisi le meilleur moment en se présentant à 20 h puisque le spectacle avait lieu à minuit.

Le lendemain, on fît savoir à la direction du Théâtre de l'Espace Libre que celle-ci ne détenait pas un permis d'érotisme et que le spectacle était illégal puisqu'il s'agissait de nudité dans un endroit public.

L'attachée de presse, Marthe Bouliane, précisait que les gens de l'escouade de la moralité avaient été très « corrects » et que « la pression publique et particulièrement celle des médias avait incité l'escouade de la moralité à se manifester ». C'est devant des salles combles ( 40 personnes ) qu'on a présenté les deux premières représentations de Nudité, alors qu'Isabelle Brouillette, Stéphane Demers, Marc-André Piché et Brigitte Poupart interprétaient les quatre personnages de la pièce de Gravel et Martin dans une mise en scène de Louis Champagne. La discussion sur ce spectacle aura lieu ce soir, tel que prévu, à minuit à l'Espace Libre.

Le mois prochain, le Grand Théâtre Émotif propose le thème de la lâcheté, les 1er, 2 et 3 juin. Rien de plus habillé que la lâcheté...

Source : La Presse, 4 mai 1996, page D2. (PDF) : http://collections.banq.qc.ca:81/lapres ... 050404.pdf
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Re: Naturisme chez soi et ailleurs ?

Messagepar Michel Vaïs » 16 Janvier 2018, 16:24

Puisque cela semble en intéresser quelques uns, voici un extrait de l'article que j'ai publié dans Le Devoir sur ce sujet en 2002. Cela, pour compléter l'article de Jean Beaunoyer de La Presse, qui, lui, n'a pas vu le spectacle.

L'espace ouvert
Accueil et renouveau
17 août 2002 |Michel Vaïs | Théâtre

À l’Espace Libre, les membres-fondateurs ont toujours voulu être ouverts à tout ce qui au théâtre se voulait expérimental.
[...]

Arrive le GTÉQ

En 1995, un nouveau groupe connu sous le nom de Grand Théâtre Émotif du Québec (GTÉQ) décrète que l'année 1996 sera celle du Grand Ébranlement. Accueilli par le NTE pour donner à Espace Libre une nouvelle création les trois premiers jours de chaque mois, création préparée donc en un mois, le GTÉQ joue avec les lettres du mot É-B-R-A-N-L-E-M-E-N-T et ouvre sa programmation, le 1er janvier, avec un spectacle conçu autour du mot «Éden». Suivront des pièces intitulées: Barbarie, Rien, Avril, etc. Le 1er septembre, c'est avec une émotion extraordinaire que la création du mois, préparée dans la peine et l'urgence en une quinzaine de jours, devient un vibrant hommage à Robert Gravel auquel prennent part des douzaines de comédiens, habitués d'Espace Libre. À partir de la lettre E, les artisans du GTÉQ ont créé et présenté pendant les trois premiers jours du mois, comme ils s'y étaient engagés pour toute l'année, Exécution ou la mort du roi Trébor. Il fallait une telle célébration pour dire adieu au doux géant d'Espace Libre.

Notons que c'est sur un texte écrit par Gravel et Alexis Martin que le GTÉQ avait auparavant monté la pièce Nudité, présentée le 1er mai 1996. En fait, ce petit dialogue à quatre voix constitue la dernière oeuvre théâtrale écrite par Robert Gravel. Les membres du GTÉQ avaient demandé aux deux complices d'imaginer une pièce banale mettant en présence, dans une maison de banlieue, deux jeunes couples BCBG dont l'un rendait visite à l'autre. Seule particularité: sans qu'il n'y soit jamais fait allusion dans le texte, tous les personnages étaient nus, et le public aussi. Cette expérience unique dans le théâtre montréalais, qui s'est déroulée dans le plus grand calme et une simplicité exemplaire, consistait à voir si le nu pouvait être banal et naturel sur une scène, et si l'on pouvait le dissocier de toute connotation sexuelle ou choquante. Malheureusement, la pièce n'a été donnée que deux fois. L'Escouade de la Moralité du Service de Police, alertée par certains médias, a en effet menacé le NTE de sévir en cas de récidive, et les comédiens, solidaires avec la direction du NTE, ont préféré mener d'autres combats, plus artistiques à leurs yeux que celui du droit à la nudité.
==
Pour répondre à Vittorio : AUCUN règlement municipal n'interdit de montrer du nu sur une scène à Montréal. D'ailleurs, les policiers ont plutôt déclaré que, comme le public devait être nu, le spectacle devenait illégal car il aurait fallu un « permis d'exploitation de l'érotisme » ! Or AUCUN règlement municipal ne dit cela. J'ai écrit d'autres textes sur cette expérience unique, dans JEU, dans Au naturel et dans mes livres. Je pourrai les reproduire ici si ça vous intéresse. Ce qui a été très comique, ç'a été de voir les policiers, en civil, arrivant au théâtre (un nombreux public les attendait dans la rue, et j'avais alerté plusieurs confrères des médias), et de les voir S'ENFUIR pendant qu'on leur courait après, avec nos micros et nos caméras pour leur poser des questions...! Ça m'a rappelé Le Gendarme de Saint-Tropez, à l'inverse, parce que c'étaient les policiers qui s'enfuyaient.
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Re: Naturisme chez soi et ailleurs ?

Messagepar Jean Morency » 16 Janvier 2018, 17:39

Merci Michel pour ces précisions.

Hé qu'on en faisait et plusieurs en font encore de nos jours tout un plat avec la simple nudité ! En sortirons-nous un jour ?

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Re: Naturisme chez soi et ailleurs ?

Messagepar bobettebob » 16 Janvier 2018, 19:53

Michel Vaïs a écrit:L'espace ouvert
Accueil et renouveau
17 août 2002 |Michel Vaïs | Théâtre

Pour lire l'article au complet, format PDF via la BanQ : http://collections.banq.qc.ca:81/jrn03/ ... 8-17_F.pdf (pages F3, F4 et F5 dans la colonne de gauche).

Je replace maintenant M. Gravel, décédé subitement le 12 août 1996. Il avait un rôle dans le téléroman Jamais Deux Sans Toi et la suite, les Héritiers Duval ainsi que le feuilleton Marilyn, et au moment de son décès, il avait déjà tourné ses scènes dans le nouveau feuilleton Virginie qui a pris l'antenne le 16 septembre. Je me rappelle du 12 août car je venais de quitter mon Abitibi natal pour m'installer à Montréal près du Collège Ahuntsic dans un demi sous-sol avec des coquerelles comme colocataires indésirables, mes parents étaient là, j'avais ouvert la radio et on a entendu son décès durant le bulletin de nouvelles, bouleversant ma mère, accro aux téléromans...

Quant à la pièce Nudité, ça me revient, quelques mois auparavant, j'avais entendu parler de l'annulation d'une pièce de théâtre, probablement aux nouvelles TVA ou à TQS... Ce qui dérangeait, c'était la nudité des spectateurs et non celle des comédiens sur scène, mais j'ignorais qui était derrière le projet.
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Re: Naturisme chez soi et ailleurs ?

Messagepar PoissonDansLeau » 16 Janvier 2018, 20:54

bobettebob a écrit:Je replace maintenant M. Gravel, décédé subitement le 12 août 1996. Il avait un rôle dans le téléroman Jamais Deux Sans Toi et la suite, les Héritiers Duval ainsi que le feuilleton Marilyn, et au moment de son décès, il avait déjà tourné ses scènes dans le nouveau feuilleton Virginie qui a pris l'antenne le 16 septembre.


Moi, je le connaissais surtout comme le fondateur de la Ligue nationale d'improvisation (fondée la même année que la FQN). Il s'intéressait aussi beaucoup au théâtre expérimental.
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